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La célébration des "Morts pour la France" : un héritage de 14-18

Mis à jour : 3 nov. 2018


La célébration des soldats morts pour la France est un concept contemporain du premier conflit mondial.


Jusqu'à la fin de la guerre de 1870, on se souciait peu d’honorer les combattants morts au combat, en dehors des officiers.

Ce sont les clauses imposées par les Prussiens à l’occasion du Traité de paix signé le 10 mai 1871 qui conduisent les autorités françaises à promulguer la Loi du 4 avril 1873 relative aux sépultures militaires.

Toutefois, la commémoration institutionnelle est limitée au champ de bataille ou à ses abords. Les sépultures sont soit conservées sur place soit regroupées dans un monument commémoratif.

"Mort pour la France", une notion née au cours de la Première Guerre mondiale


La Loi du 2 juillet 1915 instaure la mention "Mort pour la France" qui devient applicable rétroactivement pour tous les décès constatés à compter du 2 août 1914.

Elle s’applique aussi bien aux décès constatés sur le champ de bataille, qu’aux décès consécutifs aux blessures et maladies contractées sur le champ de bataille. Elle concerne aussi bien les militaires tués en service, que les civils tués par l’ennemi.

La mention doit être portée sur les registres d’Etat-civil sur notification des autorités militaires.

Si la mention "Mort pour la France" n'est pas inscrite sur l'acte de décès au moment de la rédaction de celui-ci, elle peut être ajoutée ultérieurement sur décision de justice sollicitée en vertu des dispositions du Code des pensions militaires.

Une loi du 27 avril 1916, complète ces dispositions et instaure la remise aux familles des militaires décédés d’un diplôme d'honneur portant en titre : "Aux morts de la grande guerre, la patrie reconnaissante".

La célébration des victimes militaires et civiles de la Première Guerre mondiale

La Loi du 25 octobre 1919, publiée au Journal Officiel du 26 octobre 1919, instaure une commémoration et une glorification des morts pour la France au cours de la Grande Guerre.

Au niveau des communes, la loi prevoit la tenue d'un Livre d'or portant les noms des combattants Morts pour la France nés ou résidants dans la commune.

Elle invite les municipalités à prendre toutes mesures de nature à glorifier les héros morts pour la patrie, et fixe au 1er ou 2 novembre la tenue d’une cérémonie commémorative.

Au niveau national, la loi prévoit la tenue de registres déposés au Panthéon, et l’érection d’un monument national.

Par la suite, la Loi du 24 octobre 1922, publiée au J.O. du 26 octobre 1922, fixe à la date du 11 novembre la commémoration de la victoire et de la paix. Commémoration nationale qui vient s’ajouter à la cérémonie locale de début novembre.


Le Monument aux Morts


A la suite de la Loi du 25 octobre 1919, le Conseil Municipal décide, dès le 9 novembre 1919, d’ériger à Bonneuil un monument aux Morts de la Grande Guerre.

Une souscription publique est lancée à laquelle la municipalité participe à hauteur de deux-mille francs.

Le projet du sculpteur Lesueur de Créteil est retenu en 1923 et l’inauguration par le Maire de Bonneuil, Hyppolite Bernard, a lieu le 1er février 1925.

Le monument rend hommage et perpétue le souvenir de vingt-neuf bonneuillois.


Monument aux Morts de Bonneuil-sur-Marne

Le Livre d’or


Le Ministère de la Guerre et des Pensions, puis, à partir de 1924, le Ministère des Pensions sont chargés d'établir la liste des Morts pour la France de chaque commune. Liste qui doit servir de base au Livre d’or institué par la Loi du 25 octobre 1919.

Adressée aux communes en 1929, la liste doit faire l’objet d’un examen et d’une validation par le Maire.

Le document dactylographié adressé au Maire de Bonneuil contient seize noms auxquels sont ajoutés quatorze noms.

Ainsi, si le "Livre d’or de Bonneuil" avait été publié, ce sont ces trente noms qui y figureraient.

Vingt-sept noms sont identiques à ceux portés sur le monument aux Morts et on ignore le motif pour lequel deux d’entre eux sont absents.

En 1935, la forme de présentation matérielle du futur Livre d'or National est fixée. Cent-vingt volumes doivent être imprimés en plusieurs exemplaires, dont un doit être déposé au Panthéon.

Ces volumes ne seront jamais imprimés en raison des contextes économiques et politiques que connait la France dans les années trente.

Nous avons cependant la chance de pouvoir disposer du document établi pour Bonneuil-sur-Marne qui est aujourd’hui conservé aux Archives Nationales.

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