• Bonneuil en Mémoires

La Société des Transports en Commun de la Région Parisienne (1921-1941)

A compter du 1er janvier 1921, la Société des Transports en Commun de la Région Parisienne, reprend l’exploitation de l’ensemble des anciennes compagnies de transport de voyageurs du département de la Seine. Les lignes de Compagnie des tramways de l'Est parisien sont intégrées au nouvel ensemble et reçoivent les numéros 95 à 112.

La ligne Bonneuil-Concorde prend l’indice 103 et la ligne Bonneuil-Porte de Vincennes devient le 110B. Les parcours restent inchangés à l’exception de la prolongation jusqu’au Pont-de l’Alma, qui est abandonnée. A Bonneuil, il y a deux arrêts fixes, le terminus de la Mairie et Avenue de Choisy, et trois arrêts facultatifs aux Ecoles, rue de Mesly et aux Deux Biches.

La ligne 103 - Bonneuil-Concorde


Dans un premier temps le matériel affecté à la ligne 103 reste celui de l’Est Parisien.

Huit motrices et quatre remorques du dépôt de Saint-Maur-des Fossés sont affectées à son exploitation. Assez rapidement, le matériel ex-Est Parisien est remplacé par du matériel ex-CGO remisé au dépôt d’Alfort.


Trois-millions-six-cent-quarante-six-mille voyageurs empruntent la ligne en 1926. En avril 1926, en raison d’un affaissement de la chaussée quai Conti, le parcours est dévié par la rive droite, du Pont Sully à la Concorde. Le terminus est alors transféré quai des Tuileries.

En 1927, la ligne connaît de profonds changements. Le 29 août, le terminus parisien est transféré à la Place de la République. Le 14 octobre, dans le cadre d’une réorganisation du réseau, la ligne 103 est fusionnée avec la ligne 104 - Alfortville-République.

La ligne 103 - Bonneuil-Concorde devient la ligne 103 - Bonneuil-Alfortville-République.


Le parcours entre Bonneuil et la Place de la République s’effectue en soixante-neuf minutes en moyenne. En semaine, quarante-six départs sont assurés de Bonneuil, de cinq heures quarante à vingt-trois heures vingt. Le service du dimanche compte également quarante-six départs, de cinq heures cinquante à vingt-trois heures vingt. Quarante-neuf départs sont assurés de la République de six heures à minuit trente en semaine et quarante-sept le dimanche de six heures trente à minuit trente. Le trajet de Bonneuil à la République coûte 2,85 francs en 1ère classe (3,23 Euros) et 2,35 francs (2,67 Euros) en 2nde classe.


Les bonneuillois ne sont pas satisfaits de ces changements. Ils regrettent l’ancien tracé, se plaignent de la fréquence des courses, et du manque de place dans les tramways pour Bonneuil au départ de Paris. En effet, si la ligne dessert toujours la Gare de Maisons-Alfort et Alfortville, elle ne passe plus par le Carrefour d’Alfort, où se trouvent de nombreuses correspondances, et des bonneuillois se rendent à pied à Créteil afin de prendre la ligne 13A qui dessert cet arrêt.


En novembre 1930, nouvelle modification. La ligne est scindée en deux modes d’exploitation. Le tramway assure le trajet de Bonneuil à la Bastille où un omnibus automobile assure le relais Boulevard Bourdon. En décembre 1930, le transfert s’effectue Place Valhubert. En juin 1931, la STCRP instaure une nouvelle tarification. Le prix de la course évolue en fonction du nombre de sections voyagées. Des appareils oblitérateurs-enregistreurs sont installés sur la ligne.


Après la période faste des années vingt, le tramway vit ses dernières heures. Le 7 juillet 1935, le tramway circule pour la dernière fois à Bonneuil. A compter du 8 juillet, une nouvelle réorganisation du réseau est opérée et le terminus est transféré à la Mairie de Maisons-Alfort. La ligne 103 assure dorénavant le parcours Maisons-Alfort (Mairie) – République avec des omnibus automobiles sur l’intégralité du parcours. Une autre ligne desservira Bonneuil.

La ligne 110B - Bonneuil-Porte de Vincennes



A compter du 1er janvier 1921, l’exploitation de la ligne est réalisée avec le matériel de l’Est Parisien et trois motrices du dépôt de Saint-Maur-des Fossés sont affectées à son exploitation. Le parcours entre Bonneuil et la Porte de Vincennes est effectué en cinquante-quatre minutes en moyenne. Bonneuil est desservi par un arrêt fixe au terminus de la Mairie, et deux arrêts facultatifs à l’Eglise et Rue du Moulin-Bateau.

En semaine, il y a environ une vingtaine de départs de Bonneuil pour Paris, de six heures quatorze à dix-neuf heures trente-huit. Des services partiels permettent également des correspondances avec d’autres lignes. Le dimanche, il y a une trentaine de départs, de six heures dix à vingt-et-une heures trente-huit.


En 1925, le trajet de Bonneuil à la Porte de Vincennes coûte 1,70 francs en 1ère classe (1,50 Euro) et 1,40 francs en 2nde classe (1,24 Euro). Dès juillet 1926, les tarifs augmentent et passent à 2,10 francs en 1ère classe (1,39 Euro) et 1,75 francs en 2nde classe (1,16 Euro).


Cette ligne connaît un faible trafic et la STCRP ne souhaite pas la maintenir. Alors que l’activité du Port de Bonneuil est pratiquement nulle, son seul intérêt affiché est la desserte du Marché d’Adamville qui se tient deux fois par semaine. La compagnie propose la mise en service d’un omnibus automobile entre Bonneuil et la Place d’Adamville où les bonneuillois peuvent prendre la ligne 110A en direction de la Porte de Vincennes. Aucune décision n’est prise et ce sont les travaux du Port de Bonneuil, en janvier 1930, qui permettent à la STCRP de mener à bien son projet d’abandon du tramway.


La réalisation de la Darse Sud nécessite la dépose de la ligne de tramway. En conséquence, une navette automobile est provisoirement mise en place à compter du 29 janvier 1930 entre la Mairie de Bonneuil et la Place d’Adamville. Il s’agit d’un autobus de faible capacité qui ne nécéssite la présence que d’un seul agent. Malheureusement pour le confort des usagers, il est équipé de roues à bandages pleins peu compatibles avec l’état des routes de la zone portuaire où les travaux d’amménagement se poursuivent. A la suite de l’intervention des élus, le véhicule est équipée de pneumatiques à compter du 20 février 1930 et le 2 juillet 1930, le Conseil Général de la Seine prend la décision de maintenir l’exploitation de la navette automobile entre la Mairie de Bonneuil et la Place d’Adamville.


En mars 1934, la ligne 1 du Métropolitain est prolongée jusqu’au Château de Vincennes. En conséquence, le terminus du 110B y est transféré. La ligne 110B devient la ligne Bonneuil-Vincennes(Château). Le 27 mai 1934, les derniers tramways circulent entre la Place d’Adamville et le Château de Vincennes. Le lendemain, le parcours est intégralement réalisé en omnibus automobiles. Ainsi les bonneuillois peuvent rejoindre Vincennes sans correspondance. En raison de la mobilisation générale de la Seconde Guerre mondiale, la ligne est suspendue le 2 septembre 1939 et ne sera pas mise en service.


La ligne 13A - Créteil – Charenton - Louvre



Après la Première Guerre mondiale, Bonneuil est un village qui s’urbanise progressivement.

Les lotissements du Petit-Bonneuil et du champ de Marolles attirent de nouveaux habitants et la population croit rapidement. Elle passe d’environ mille personnes en 1921 à deux-mille-cinq-cents personnes en 1936.

Dans la zone portuaire, l’installation des entreprises s’accélère au début des années trente.

Les bonneuillois et les employés des entreprises bonneuilloises ont besoin de transports.

Ces besoins s’ajoutent aux reproches formulées quant aux services rendus par les lignes 103 et 110B. Afin de répondre à ces besoins, la STCRP, fini par se résoudre à prolonger la ligne 13A – Créteil – Charenton – Louvre jusqu’à Bonneuil à compter du 27 janvier 1930.

En semaine, trois départs partent de la Mairie de Bonneuil le matin à six heures deux, six heures vingt-deux et six heures quarante-deux et trois départs partent du Louvre pour Bonneuil en soirée à dix-huit heures vingt-huit, dix-huit heures quarante-cinq et dix-neuf heures douze. La course Bonneuil-Louvre coûte 4,00 francs en 1ère classe (2,35 Euros) et 2,80 francs en 2nde classe (1,65 Euros). Le trajet est effectué en cinquante-huit minutes en moyenne.


Depuis Créteil, la ligne 13A emprunte le même parcours que le 103 et dessert les mêmes arrêts. La mise en place de la ligne 12 a pour conséquence la suppression des départs de Bonneuil, le 11 mai 1931, mais ils sont rétablis dès le 18 mai 1931.

Le 30 janvier 1933 la ligne 13A devient la ligne 13. A compter du 29 avril 1935, les tramways sont remplacés par des autobus. Six départs sont assurés depuis Bonneuil le matin de quatre heures cinquante à sept heures. En raison de la mobilisation générale, le terminus Parisien de la ligne 13 est reporté Place de la Bastille le 2 septembre 1939.

La ligne est supprimée le 9 octobre 1939.



La ligne 12 – Bonneuil (Mairie) – Porte de Charenton



La STCRP mets en service la ligne 12 – Bonneuil (Mairie) – Porte de Charenton le 11 mai 1931. Elle permet de répondre aux demandes des usagers des communes desservies en assurant la correspondance avec la Ligne 8 – Auteuil – Porte de Charenton du Métropolitain qui vient d’être prolongée le 5 mai 1931 jusqu'à la Porte de Charenton.

Les bonneuillois peuvent ainsi atteindre le Métropolitain en trente-sept minutes en moyenne, soit un gain d’une vingtaine de minutes en comparaison du trajet du 110B qui rejoint la Ligne 1 à son terminus Porte de Vincennes. Elle permet également à la STCRP de desservir l’Exposition Coloniale qui se tient du 6 mai au 15 novembre 1931 dans le Bois de Vincennes.


La création de cette ligne de tramways ne nécessite aucun investissement car elle emprunte des voies déjà existantes sur l’intégralité de son parcours. Entre la Mairie de Bonneuil et le Cimetière de Créteil elle emprunte le même parcours que la ligne 103 et elle dessert les mêmes arrêts. Ensuite, elle rejoint le Carrefour d’Alfort en empruntant la Route Nationale 19 puis elle franchit la Marne et traverse Charenton.

Le prix initialement fixé est de 2,80 francs en 1ère classe (1,78 Euro)et 2 francs en 2nde classe (1,27 Euro), mais très rapidement ils sont remplacés par la tarification à la section mise place à compter du 15 juin 1931.

En semaine, le premier départ de Bonneuil est à cinq heures vingt et le dernier à vingt heures dix-huit. Le dimanche, le premier départ est à six heures dix et le dernier à vingt-trois heures cinq.


En 1933, à la suite de l’implantation de Lancia à Bonneuil, la direction de l’usine demande la prolongation d’un service de la ligne 13 jusqu’à Bonneuil afin que les ouvriers puissent être à l’heure sans pour autant avoir plusieurs lignes à emprunter. Elle demande également l’amélioration du service au départ de Bonneuil le soir. La STCRP ne donne pas suite à la prolongation de la ligne 13 jusqu’à Bonneuil le matin, mais elle répond favorablement pour les départs supplémentaires en soirée qui sont assurés par la ligne 12. Trois départs sont ajoutés de dxi-sept heures quinze à dix-sept heures quarantes cinq.

Comme sur la ligne 103, les tramways de la ligne 12 effectuent leurs derniers parcours le 7 juillet 1935. A compter du 8 juillet, la ligne 12 disparaît et devient la ligne 104 - Bonneuil - Maisons-Alfort (Mairie) - Porte de Charenton.

La ligne 104 – Bonneuil (Mairie) - Maisons-Alfort (Mairie) - Porte de Charenton


La ligne 104 – Bonneuil - Maisons-Alfort (Mairie) - Porte de Charenton, est exploitée avec des omnibus automobiles. A sa création en juillet 1935, elle abandonne le tracé de la ligne 12 entre le cimetière de Créteil et le carrefour d’Alfort pour reprendre celui de la ligne 103 par la Mairie de Maisons-Alfort. Elle asssure ainsi le correspondance avec la nouvelle ligne 103 à la Mairie de Maisons-Alfort.


Dès le 7 septembre 1936, elle reprend le tracé de la ligne 12 par la Route Nationale 19 et un nouvel arrêt est créé à proximité du Marché de Bonneuil, Rue Ronsard.

En semaine, le premier départ de Bonneuil est à six heures et le dernier à vingt-heures trente. Le dimanche, le premier départ est à six heures et le dernier à vingt heures.

En raison de la mobilisation générale le trafic est interrompu à compter du 2 septembre 1939 mais la ligne fait partie des soixante-quinze lignes qui sont remises en service à compter du 4 septembre 1939.


L’exploitation est à nouveau suspendu en juin 1940. Le 12 juin, l’arrêt est total et l’intégralité des autobus encore disponibles pour l’exploitation des lignes est réquisitionnée pour l’évacuation des troupes et de la population civile.

L’exploitation de la ligne 104 est reprise à compter du 30 août 1940. Les autobus qui ont pu être récupérés en province et réintégrés dans les dépôts sont affectés au trafic de banlieue. Paris disposant du métropolitain.

Le matériel de la ligne 104 est remisé au dépôt parisien de la rue de Lagny.

Bientôt, en raison de la pénurie de gasoil, les autobus sont adaptés afin de fonctionner au gazogène. Au 1er décembre 1940, la STCRP ne peut faire fonctionner que quarante-quatre lignes et sa situation économique déjà peu florissante est gravement compromise.

La STCRP disparait le 31 janvier 1941. A compter du 1er janvier 1942, la gestion des transports en commun du Département de la Seine est intégralement gérée par la Compagnie du Chemin de Fer Métropolitain de Paris.

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