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Les combats du 30 novembre 1870 à Bonneuil

Le 30 novembre 1870, une offensive française de grande envergure est lancée contre Champigny. Prévue le 29, elle est retardée d’une journée afin de permettre aux troupes françaises de se reposer.


Afin de mobiliser des troupes ennemies qui auraient pu être engagées dans ces combats, une diversion contre le Montmesly et Bonneuil est engagée.

De sept heures et demie à neuf heures du matin, l’artillerie française positionnée à Créteil, dans le parc de l'archevêque et au bord de la Marne, bombarde Bonneuil, Mesly et le Montmesly avec le renfort des batteries installées à la redoute de Gravelle et au fort de Charenton.

Ensuite, sur le terrain, les hommes des 177ème et 118ème Régiment d'Infanterie de Ligne sont engagés.

Bonneuil n’est alors défendu que par le 2ème Bataillon du 2ème Régiment Wurtembergeois.


Les positions françaises au niveau de Créteil et wurtembergeoises de Mesly à Bonneuil


Le 2ème Bataillon du 117ème de Ligne, conduit par le Général Lecomte, enlève la barricade de la route nationale et le 1er Bataillon, les tranchées vers la Marne poussant les wurtembergeois à se retirer dans le parc du domaine du Rancy.

Le 3ème Bataillon du 117ème, commandé par le Lieutenant-Colonel Galland, prend les premières tranchées à mi-côte du Montmesly puis poursuit son avancée vers le sommet.

Le 3ème Bataillon du 118ème de Ligne atteint le sommet du Montmesly vers dix heures.


Le Lieutenant-Colonel Galland, poursuit son avancée en direction du carrefour du Petit-Bonneuil, mais il échoue et reflue vers le sommet du Montmesly.

En face du parc du Rancy, les progrès du 2ème Bataillon du 117ème sont très lents. A plusieurs reprises, il attaque sans succès, un bois à l'ouest de la route, une barricade en arrière et le parc. Les wurtembergeois, bien protégés derrière le mur du parc accueillent les français avec un feu violent et meurtrier.


Il est nécessaire de préciser que l'artillerie française installée dans la presqu'île de Saint-Maur n'apporte pas le concours espéré, ni là, ni ailleurs, ce qui vaudra au Général Favé d’être relevé de son commandement.


Malgré la résistance des wurtembergeois, le 2ème Bataillon du 117ème reçoit l’ordre de poursuivre son attaque sur Bonneuil et avec le soutien du 3ème Bataillon du 118ème, qui attaque les positions depuis les pentes du Montmesly, la barricade et le bois sont pris.

Les tirailleurs investissent les fossés à l'ouest de la route nationale à quelques mètres seulement du mur du parc du Rancy encore tenu par l'ennemi.


Le parc est un sérieux obstacle. Le seul moyen d’y pénétrer serait de contourner ses défenseurs et de les prendre à revers en passant par le bourg de Bonneuil.

En l’absence de réserve et d’informations sur les troupes ennemies qui s’y trouvent le Général Susbielle renonce à cette option et il organise la mise en défense des positions acquises sur le Montmesly.


Parallèlement, les wurtembergeois renforcent leurs positions en envoyant deux régiments d’infanterie positionnés à Sucy-en-Brie. Vers onze heures, Bonneuil est occupé par quatre compagnies wurtembergeoises du 2ème Régiment Wurtembergeois et du 3ème Régiment de Chasseurs. En réserve derrière le village il y a un bataillon du 2ème Régiment.


Cette présence pose un sérieux problème car ses troupes peuvent se déplacer dans l’Île Barbière sans être vue depuis le Montmesly et ainsi couper les arrières des troupes françaises.


Une partie des troupes wurtembergeoise située au sud de Bonneuil lance une contre-attaque en direction du Montmesly qui est repoussée. D’autres éléments reprennent le bois situé entre le parc du Rancy et Montmesly. Cette avancée menace les troupes françaises établies sur le plateau.

Les wurtembergeois sortant du parc de Bonneuil refoulent les français jusqu’à Créteil. Une compagnie française aventurée dans l'île Barbière doit se replier.


Les combats se déplacent alors vers Créteil où règne le plus grand désordre. Les combats cessent vers quatorze heures et les français se trouvent en ordre vers quinze heures à leur emplacement initial.


Le Général Susbielle, reçoit alors l’ordre de rejoindre le Général Ducrot le lendemain à partir de cinq heures, quel que soit le sort de son offensive. Il n’a plus qu’à assurer la défense de ses positions jusqu’au lendemain.

Les français s'étant repliés, les wurtembergeois réinvestissent leurs positions du matin;


Dans l’après-midi, les batteries françaises reprennent leurs tirs sur Bonneuil, Mesly et le Montmesly. Pendant la nuit qui suit, les forts entretiennent un feu violent sur les positions allemandes.

Au cours des combats de Bonneuil et du Montmesly, cent-six militaires français ont été tués, trois-cent-soixante-huit ont été portés disparus et sept-cent-soixante-deux sont blessés.


Du coté wurtembergeois, on dénombre soixante-quinze tués et deux-cent-vingt-et-un blessés. Les saxons, venus en soutien, relèvent quatorze tués et quarante-et-un blessés.


Le 30 novembre, Guillaume écrit à son épouse Augusta restée à Berlin :

" … Aujourd'hui, sortie plus importante à l'Est contre les Wurtembergeois et les Saxons vers Bonneuil-sur-Marne, Champigny, Villiers, que nous avons perdus, puis repris à la tombée de la nuit avec le secours de notre 7e brigade. …"


Le 1er décembre, les français obtiennent une trêve de plusieurs heures afin d’enterrer les morts. Il n’y a pas de combats.


Le 2, les combats reprennent vers Champigny. Bonneuil est à nouveau la cible de l’artillerie française, et un témoin, Jules de Marthold, note : "Dans la soirée, immense lueur d’incendie. C’est Bonneuil qui brûle, mis en flammes par les obus."


Dans la nuit du 2 au 3, la température est de quatorze degré sous zéro. Dans ces mémoires, le Général Trochu, indique que cela a influé sur la décision du Général Ducrot de ne pas poursuivre l’offensive sur Champigny : "… Le Général Ducrot, visitant nos lignes un peu avant le jour, fut douloureusement impressionné par le tableau qui lui offrait l’indicible misère des troupes exténuées, glacées, à peu près toutes sans abri, très irrégulièrement nourries pendant ces dures journées.

Il jugeait qu’il était humainement impossible de leur demander plus, et, constatant que l’ennemi ne prenait aucune disposition d’attaque, il prenait spontanément et très judicieusement l’ordre de la retraite. Elle était favorisée par un épais brouillard d’hiver et en même temps protégée par le feu qu’avait repris dès l’aube toutes nos batteries de position, circonstance qui devait donner à penser aux allemands que nous préparions l’offensive. …"

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